CETTE PIERRE QUI SE PRENNAIT POUR L’EAU

Une grosse pierre et l’eau d’un ruisseau captée en vidéo sont les points de départ tangibles de cette œuvre. J’ai projeté le mouvement de l’eau sur la surface de la pierre afin de mettre en relation deux matières aux qualités opposées : l’une solide, stable et apparemment immuable; l’autre fluide, mouvante et insaisissable.

Pendant un instant, la pierre accueille l’image de l’eau. Les deux réalités semblent fusionner sans toutefois se confondre. La pierre ne devient pas l’eau : elle en reçoit la lumière et le mouvement, et en conserve momentanément l’empreinte. Chacune demeure ancrée dans sa propre nature, mais leur rencontre fait apparaître une forme nouvelle et éphémère.

Cette œuvre devient ainsi une métaphore des rencontres humaines, et plus particulièrement interculturelles. Dans une rencontre authentique, chacun peut rester fidèle à ce qu’il est tout en accueillant une part de l’autre. Un mouvement s’accomplit de chaque côté et donne naissance à un espace commun, non par effacement des différences, mais par leur mise en relation.

Comme l’eau sur la pierre, nos différences peuvent se déposer les unes sur les autres et créer des formes nouvelles, des reflets inattendus et une beauté née du dialogue entre deux mondes.

CETTE PIERRE QUI SE PRENNAIT POUR L’EAU, vidéoprojection, Danielle Lamontagne, 2023.

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