BRUIT
Cette œuvre prend le son comme sujet et comme matière de création. Au cours de ma vie, j’ai voyagé dans des lieux aux univers sonores opposés. À New York, le bruit intense et la vie vibrante s’imposent dans une effervescence qui stimule autant qu’elle bouscule. À Dharamsala, en Inde, au cœur de l’Himalaya, les prières des moines bouddhistes, le vent et le silence créent un espace qui apaise et recentre profondément.
De ce contraste sont nées deux vidéos : la première donne une forme visuelle et sonore à la ville de New York; la seconde évoque le vent au sommet de l’Everest. Elles mettent en relation deux créations gigantesques : l’une artificielle, construite par l’être humain, et l’autre façonnée par la nature. L’une éveille et agite; l’autre ouvre un espace de silence intérieur.
J’aime imaginer que le son ne disparaît jamais complètement, qu’il continue de circuler dans la matière et qu’il nous survit. Qu’il provienne d’une ville ou d’une montagne, il agit sur notre corps, notre rythme, nos perceptions et notre équilibre. Le lieu que nous choisissons d’habiter devient alors aussi un choix de paysage sonore.
BRUIT, installation, Danielle Lamontagne, 2018
BRUIT / NOISE
Le projet Bruit / Noise propose une expérience immersive de deux minutes autour des vibrations sonores, traduites visuellement par le mouvement des ondes et par le son qu’elles produisent. Ces vibrations se propagent à travers les molécules de matière, donnant naissance au son, et interrogeant son impact sur le corps et l’esprit humain.
Dans les images numériques, un parallèle se dessine entre l’écran d’ordinateur, où l’image agrandie devient pixel , et la matière microscopique, dont le mouvement des particules génère le son. L’expérience varie selon la nature des fréquences, qu’elles soient d’origine naturelle ou artificielle, et selon la résilience de chaque spectateur.
L’immersion se déploie dans deux ambiances visuelles et sonores distinctes, invitant à l’introspection et à la réflexion, avec ou sans résistance, avec ou sans idées préconçues. Au cœur de cette expérience, une question : quelle est, pour chacun de nous, la différence de perception entre un son et un bruit ?
BRUIT / NOISE
J’étais assise en contemplation quand un immense bruit s’est introduit.
Ces molécules vibrantes dans l’air, agitées ont pénétrées ma chair, mes os.
Les bruits de l’homme sont parfois mal accueillis par mon esprit
Mon corps s’agite Il cherche la fuite, moteurs, scies, camions et cris.
Ces simples mouvements moléculaires me dérangent de façon étrange.
Et pourtant ces chutes qui vrombissent, ces vents bruyants,
Ce tonnerre, percutant, semblent une musique sans faux-fuyants
Ces vibrations sont-elles un langage, sur mon corps?
Comme un instrument il se remet à vibrer avec le vent,
Avec le cri de l’homme il se tend.
Ces poèmes, écrits en français, ma langue maternelle, ont été traduits en anglais du mieux possible. La traduction peut comporter quelques imperfections.