RÊVE

Cette œuvre prend naissance à partir de trois figures humaines réelles, filmées et sélectionnées dans des banques d’images. Leurs corps, leurs gestes et leurs présences constituent les points de départ tangibles de l’œuvre et deviennent des matières de création à partir desquelles je construis une histoire fictive. À travers ces trois femmes, j’explore ma propre expérience : celle d’une mère dont les rêves ont été différés.

Ces figures féminines incarnent des forces intérieures de persévérance et la capacité de poursuivre malgré les retards, les drames et les contraintes. Anonymes, elles sont à la fois moi, toutes les femmes et aucune en particulier. Elles portent aussi la mémoire de nos lignées : celle des mères, des grands-mères et des ancêtres qui ont traversé le courant de la vie en préservant leurs rêves ou en les laissant progressivement s’éteindre. Ancrée dans mon expérience singulière — le microcosme —, l’œuvre s’ouvre ainsi aux aspirations universelles — le macrocosme.

Retravaillées comme des illustrations poétiques et texturées de la réalité, ces figures se matérialisent et se dématérialisent par la pixellisation. Celle-ci évoque la fragilité du rêve et son passage possible de la pensée vers la matière. D’abord invisible — pensée, élan ou désir —, le rêve doit franchir le seuil de l’action pour prendre forme dans le monde.

L’air, l’eau et le feu accompagnent ce passage. Ces forces naturelles deviennent les métaphores de nos ressources intérieures et de nos différentes manières de traverser la vie. Comme un souffle qui s’élève, une vague qui avance ou une flamme qui s’allume, le rêve passe peu à peu de l’invisible au tangible.

RÊVE, vidéos et images numériques, Danielle Lamontagne, 2019

VIDEO: 3:16 MINUTES 8 IMPRESSIONS SUR PAPIER D’ART

L’histoire.

Trois femme avec des rêves possiblement interrompus.

Une femme âgée, ayant traversé sa jeunesse à une époque de l’histoire ou la femme n’avait pas beaucoup de choix pour se réaliser dans la société. Son rêve, la plongée sous-marine, son tempérament « eau ».

Une femme vivant dans un pays où souvent seul les garçons ont le droit à un avenir, son rêve, la course de compétition, son énergie est « feu ».

Une femme très jeune devant laisser ses rêves de côté à cause d’une grossesse inattendue, son rêve la danse, son énergie est « air ». 

Le choix de recourir à des vidéos de femmes provenant de banques d’images était volontaire. Je ne connais pas ces femmes et je ne les ai pas filmées moi-même; je ne cherche donc pas à raconter leur histoire réelle ni à leur attribuer une identité précise. Cette distance me permet de transformer leurs images en trois personnages fictifs et en figures archétypales. Leur anonymat, essentiel à l’œuvre, ouvre un espace de projection : elles ne représentent aucune femme en particulier et peuvent pourtant évoquer toutes les femmes, y compris moi-même.

Je suis femme, je suis eau, je crée

RÊVE

Je suis femme, je suis feu, je cours

Je suis femme, je suis eau, je plonge

Je suis femme, je suis air, je danse

 

Un rêve ne meurt jamais seul le désir de s’habiter s’affaiblit

Parce nous oublions d’écouter la forme qu’il nous crie

 

Rêver ce n’est pas dormir

mais s’éveiller à ce que nous sommes à tout prix

Ces poèmes, écrits en français, ma langue maternelle, ont été traduits dans ce site web en anglais du mieux possible. La traduction peut comporter quelques imperfections.

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